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Pierre-Manu Président


Age: 43 Nombre de messages: 2058 Localisation: Douvrain Vélo: Eddy Merckx
 | Sujet: Briançon 2008 Mar 9 Jan 2007 - 19:45 | |
| Nichée à 1326 m d'altitude au coeur des montagnes des Alpes du Sud, Briançon est le lieu de convergence de cinq vallées : Durance, Clarée, Guisane, Cerveyrette et Les Ayes. Le soleil qui s'engouffre par ces multiples ouvertures et une sécheresse relative due aux massifs montagneux qui stoppent les dépressions, permettent à Briançon de bénéficier d'un climat exceptionnel avec un ensoleillement de 300 jours par an, l'équivalent de Nice ou de Toulon. La quasi-absence d'humidité et le climat "anti-acarien" confèrent à la ville le statut de haut-lieu de la climatothérapie d'altitude, la région est d'ailleurs réputée pour le soin des maladies respiratoires et de nombreux établissements médicaux accueillent les patients asthmatiques. Ces facteurs climatiques ont évidemment une influence positive sur le tourisme dans la région, la limpidité du ciel garantit en effet la pratique des sports de plein air dans des conditions idéales tout au long de l'année. Sous l'appellation Serre Chevalier 1200, Briançon est en hiver une station de ski grâce au télécabine du Prorel qui la relie au domaine skiable de Serre-Chevalier. L'été elle offre aux vacanciers toute la panoplie des sports et activités de montagne dans une nature preservée. Le développement du tourisme dans l'agglomération Briançonnaise a été facilité par la présence de nombreuses voies de communication la desservant. La ville entretient notamment des relations commerciales très fortes avec les métropoles de Grenoble et de Turin, toutes deux distantes d'à peine un peu plus de 100 km. Sa position stratégique liée notamment à la proximité avec la frontière italienne a toujours conféré à Briançon le statut de "Ville de garnison". La présence de nombreux forts construits sur près de trois siècles (début 18ème à 1930), témoignent de cette vocation militaire et constituent un exemple unique en Europe de l'architecture militaire de montagne. Cet ensemble fortifié est complété par la vieille ville ou "Gargouille", façonnée par Vauban elle présente des fortifications remarquables et des monuments historiques de tout premier ordre. C'est durant la saison estivale que vous pourrez découvrir au mieux ce riche patrimoine culturel, en 1990 la ville a d'ailleurs reçu du Ministère de la Culture le label "Ville et Pays d'Art et d'Histoire". _________________ Pierre-Manu – Cyclo Complet en 2007  |
|  | | Pierre-Manu Président


Age: 43 Nombre de messages: 2058 Localisation: Douvrain Vélo: Eddy Merckx
 | Sujet: Re: Briançon 2008 Mer 10 Jan 2007 - 12:11 | |
| Cinq étapes-ascensions en aller-retour au départ de Briançon, quatre ascensions du Tour de France dont trois cols Hors Catégorie, six cols (Cent Cols) dont quatre plus de 2000: Briançon – Col des Échelles (1.766 m) – 40 km* – dén: 470 m – facile Briançon – Col de Montgenèvre (1.860 m) – 25 km – dén: 530 m – facile Briançon – Col d'Izoard (2.360 m) – 40 km – dén: 1.170 m – difficile Briançon – Col du Galibier (2.642 m) – 75 km – dén: 1.400 m – long & difficile Briançon – Col de Granon (2.404 m) – 33 km – dén: 1.100 m – très difficile *: longueur de l'étape aller-retour. _________________ Pierre-Manu – Cyclo Complet en 2007  |
|  | | Pierre-Manu Président


Age: 43 Nombre de messages: 2058 Localisation: Douvrain Vélo: Eddy Merckx
 | Sujet: Re: Briançon 2008 Mer 21 Nov 2007 - 23:33 | |
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|  | | Christophe Interamicale Sonégienne


Age: 43 Nombre de messages: 636 Localisation: Chapelle-à-Wattines Vélo: Dusausoit jaune
 | Sujet: Re: Briançon 2008 Ven 23 Nov 2007 - 13:59 | |
| Tiré de la revue française "LE CYCLE". Rubrique: "Itinéraires, COLS DURS". Titre de l'article: "50 cols de légende" de Frédéric Millet COL DU GALIBIER. "Nul besoin de présenter ce géant des Alpes, probablement le plus prestigieux col du territoire français. Véritable trait d'union entre les Alpes du Nord et les Alpes du Sud, ce col est étroitement lié à l'histoire de la grande boucle. Sa difficulté et son altitude ont permis aux plus grands champions de s'y illustrer dès 1911. La face nord comporte le col du Télégraphe, soit 12 km d'une pente régulière autour de 7 %, le temps de passer de 720 m à 1556 m d'altitude.Ensuite une descente de 5 km permet d'arriver à Valloire où débute l'ascension du Galibier. Il reste donc 18 km à 7 % de moyenne, mais la seconde partie, à partir de Plan Lachat (1960 m), est plus raide et l'oxygène se raréfie. Au sud, le Galibier se grimpe à partir du col du Lautaret (2058 m). Au départ de Briançon (1315 m), la pente est insignifiante jusqu'à Monêtier-les-Bains au km 14,3. Puis elle grimpe ensuite entre 4 et 5 % de moyenne durant 14 km, soit jusqu'au sommet du Lautaret. Puis la grimpée spécifique du Galibier s'étend sur 8,5 km à 7 % de pente moyenne mais avec des kilomètres à 9 %. Au sommet, on peut apercevoir le mont Viso (3841 m), la barre des Ecrins (4102 m), et la Meije (3983 m). Notons enfin qu'avant 1979, le peloton passait sous un tunnel situé à 2556 m et grimpait un kilomètre de moins". COL DU GRANON. "Le Briançonnais comporte de nombreux cols prestigieux. Parmi eux, le col du Granon est l'un des moins connus alors que c'est l'un des plus exigeants. Il est vrai que cela n'est pas une voie d'accès car la route n'est plus carrossable au sommet du col. De plus, il souffre de la proximité de ses prestigieux voisins: le Galibier et l'Izoard. Le Tour de France ne s'y est d'ailleurs aventuré qu'une seule fois, en 1986. Greg Lemond portait le maillot jaune et avait laissé le grimpeur espagnol Eduardo Chozas, s'échapper et remporter l'étape. Depuis, le Tour n'est pas revenu sur les hauteur de Serre-Chevalier, mais les cyclosportifs le grimpent chaque été à l'occasion d'une grimpée chronométrée et de la Luc Alphand. Le profil de ce col est redoutable. Il part de 1330 m du croisement entre la N 91 et la D 234 et débute progressivement, de l'ordre de 3 % jusqu'à Saint-Chaffrey. Ensuite, la pente du kilomètre suivant passe à 7 %. Il ne reste alors plus que 10 kilomètres d'une pente redoutable à 9,5 % de moyenne, avec des passages à 11 et 13 %". COL D'IZOARD. "Ce col mythique relie le Queyras au Briançonnais. Véritable trait d'union entre les Alpes du Nord et du Sud. La légende de ce col a été bâtie par deux grands champions: Fausto Coppi et Louison Bobet. Coppi y a forgé son début victorieux sur le Tour 1949 et a honoré la mémoire de son frère, deux ans plus tard, en remportant l'étape de Briançon. L'Izoard a permis à Bobet de s'y révéler en 1950 et surtout d'y gagner le Tour 1953 sous les yeux de Coppi. Une performance qu'il rééditait en 1954 en gagnant de nouveau l'étape de Briançon. Le versant nord, moins prestigieux, grimpe en plusieurs secteurs: 4,5 km à près de 6 % suivi d'une descente d'un kilomètre avant 4 km à du 5 %. Enfin, à partir de Cervières (1615 m), reste les 10 derniers kilomètres à 7,5 % de moyenne. Au sud, on quitte Guillestre à 1000 m pour 17 km à faible pente (de 2 à 4 %) puis l'on aborde une première rampe de 12,2 km à 7 % de moyenne mais avec des passages à 10 % après Brunissard (1755 m). Ensuite, une descente de 500 m permet d'arriver dans la Casse-Déserte où se trouve la stèle du campionissimo, Coppi. Il reste alors un peu moins de 2 km à 10 % jusqu'au sommet de ce col de légende". |
|  | | Pierre-Manu Président


Age: 43 Nombre de messages: 2058 Localisation: Douvrain Vélo: Eddy Merckx
 | Sujet: Re: Briançon 2008 Mer 9 Jan 2008 - 17:44 | |
| _________________ Pierre-Manu – Cyclo Complet en 2007  |
|  | | Pierre-Manu Président


Age: 43 Nombre de messages: 2058 Localisation: Douvrain Vélo: Eddy Merckx
 | Sujet: Izoard de Guillestre, Cima Coppi Ven 15 Fév 2008 - 23:55 | |
| 1982, la Cima Coppi, col le plus élevé du Giro de cette année-là, n'est autre que le Col d'Izoard. Son ascension se fit alors la veille de l'arrivée finale à Milan par son versant sud lors de l'étape Cuneo - Pinerolo. Voilà une possibilité d'accrocher ma première Cima Coppi. Il faudra dans ce cas prévoir une boucle allant chercher Guillestre par des routes calmes. _________________ Pierre-Manu – Cyclo Complet en 2007  |
|  | | Pierre-Manu Président


Age: 43 Nombre de messages: 2058 Localisation: Douvrain Vélo: Eddy Merckx
 | Sujet: Re: Briançon 2008 Sam 1 Mar 2008 - 13:20 | |
| Si je vous dis : « Cyclosportive avec les mythiques cols de l’Izoard, du Galibier et du Granon » ... Les connaisseurs répondront « Serre Che Luc Alphand » ! Nous couperons cette étape en deux... Izoard et Galibier pris séparément sont déjà bien suffisants, non ? Notre hôtel se trouve justement à Serre-Chevalier. Le Défi du Granon, c’est encore autre chose et le mot Défi n’est pas galvaudé. C’est en 1978 que fut donné par Louison Bobet le départ de la première montée du Col du Granon. Chaque année, cette manifestation qui regroupe des cyclistes et des pédestres a lieu le premier dimanche d’août et regroupe plusieurs centaines de participants. En 1986, le Tour de France faisait étape au sommet de ce Col, ce qui a contribué à rendre cette épreuve très populaire. Le parcours de 12 km, avec une dénivelée de 1063 m, dans un décor grandiose, en fait une classique que chacun se doit d’avoir à son palmarès. L’enjeu ? Les Alpes grandeur nature ! Le Granon, l’ogre du Briançonnais à 2404 m, est l’un des cols les plus difficiles et des plus exigeants d’Europe avec 9,3 % de pente moyenne. Le défi du Granon est l’une des plus anciennes épreuves des Hautes-Alpes. _________________ Pierre-Manu – Cyclo Complet en 2007  |
|  | | Pierre-Manu Président


Age: 43 Nombre de messages: 2058 Localisation: Douvrain Vélo: Eddy Merckx
 | Sujet: Mes impressions Mar 15 Juil 2008 - 22:06 | |
| À trois semaines de ma première ascension 2008, mes impressions sont mitigées. Le Galibier est assez long, mais j’ai déjà fait les neuf derniers kilomètres, voici deux ans, sans réelle condition. Il ne me fait pas peur et j’ai vraiment envie d’y retourner. Le versant nord de l’Izoard suivra avec aussi peu d’appréhension malgré l’altitude. Ces deux ascensions du Tour hors catégorie dans l’escarcelle, il faudra alors attaquer la deuxième moitié du séjour. Et là, la confiance en moi n’est pas encore au top. Du même acabit l’une et l’autre, la montée de l’Izoard à partir de Guillestre et l’escalade du Granon sont de réels défis avec des pourcentages élevés pendant une dizaine de bornes jusqu’au sommet. L’Izoard est plus long, le Granon plus sec. Il reste du travail dans la préparation !  Profil de l'Izoard (sud) emprunté par le Giro 2007 Les 14 derniers kilomètres, Guillestre est situé 355 m et 17 km plus bas. _________________ Pierre-Manu – Cyclo Complet en 2007  |
|  | | Pierre-Manu Président


Age: 43 Nombre de messages: 2058 Localisation: Douvrain Vélo: Eddy Merckx
 | Sujet: Briançon 2008 Ven 15 Aoû 2008 - 8:23 | |
| 4 août 2008 Nous sommes partis ce matin de Douvrain avec pour but Briançon. Les cent derniers kilomètres du trajet sont une première reconnaissance des routes que nous emprunterons dans un futur proche. Le décor est magnifique, mais ce n’est pas une surprise. Nous passons par Bourg-d’Oisans, le pied de la mythique montée vers l’Alpe d’Huez. De là, nous montons le Lautaret par son versant ouest. Les nombreux tunnels, il y en a une dizaine et certains bien longs, me font dire qu’il faudra que j’apporte quelques modifications au Tour de France que j’ai dessiné pour 2010, car je ne m’y sens pas en sécurité en m’y projetant comme cycliste. Au sommet du Lautaret, une petite halte, le temps d’admirer le Galibier que j’aime tant. Ensuite commence la descente vers Briançon, côté que je gravirai après-demain lors de ma première sortie vélo. Première surprise agréable, la route est large et en bon état. Les voitures y respectent bien les deux roues. Deuxième bonne sensation, la traversée du tunnel. Il est long de cinq cents mètres et ouvert sur tout son flan sud, comme repéré à la télévision lors du passage du Tour de France en juillet dernier, de quoi s’y sentir suffisamment vu et me rassurer complètement. Nous continuons notre descente vers Chantemerle, Serre-Chevalier, dans la périphérie de Briançon, par des routes très agréables. J’ai hâte d’y être... à vélo, bien sûr. 5 août 2008 Pas de vélo lors de la première journée, c’est une coutume. Par contre, j’essaie d’aller reconnaître l’étape qui me laisse le plus de doutes et d’inconnues. Dès lors, une excursion est organisée au Château Queyras, ville étape de mon Tour 2010. Au programme de la journée : l’ascension nord de l’Izoard, prévue pour le 8 août, descente par le sud, prévue pour le 10, visite du château Queyras et retour par Guillestre et la vallée de la Durance. La montée septentrionale du col de l’Izoard est très jolie. De plus, la route a été refaite, elle est très large, bien marquée au sol et une belle piste cyclable y serpente tout le long. Cette route, c’est du billard ! Attention, toutefois, à la fin, où le vent est terrible. La borne du dernier kilomètre indique un pourcentage étrange de 12 %, contrairement aux relevés dont je dispose. Le compteur tirera cela au clair. Au sommet, le monument nous attend, majestueux. Nous redescendons ensuite vers le sud où le monument à la mémoire de Coppi et de Bobet est difficile d’accès suite à des éboulements qui rendent le parking originel inaccessible. Nous y allons à pied à partir de la Casse Déserte. Nous continuons la descente sur une route moins large que celle de l’autre versant. Après midi, après la visite du très beau château Queyras, sur la montée de l’Agnel parcourue par le Tour de France en juillet, nous retournons à l’hôtel par Guillestre. Et là, déception : les cinq tunnels repérés sur la carte et pour lesquels je n’avais pas eu d’image précise durant la retransmission de l’étape, ces tunnels sont longs pour trois d’entre eux, obscurs et étroits. Ce soir, je décide d’annuler d’une part le départ de Château Queyras en 2010, mais surtout le départ de Guillestre pour l’ascension de l’Izoard par le sud ce 10 août. 6 août 2008 Lever à sept heures, petit déjeuner à sept heures trois quart, aujourd’hui, c’est l’ouverture : le Galibier de tout en bas, comme je me l’étais promis voici deux ans. À l’époque, je n’y étais monté qu’à partir du col du Lautaret. Ce final ne représentait qu’un peu moins de neuf kilomètres. Je les avais réalisés en une heure vingt-et-une, soit à 6,5 km/h. Ce matin, je pars de Chantemerle, neuf kilomètres avant le pied à Le Monêtier-les-Bains. Ces neuf premiers kilomètres ont une pente moyenne de 1,7 %, un bon échauffement. La température est de 16°, douce et agréable. À partir de Le Monêtier-les-Bains, la route s’élèvera vers le Lautaret avec une pente moyenne de 4,2 %. Il y aura quatorze kilomètres à parcourir avant de tourner vers le Galibier.  À la sortie de ce village qui marque le pied officiel de l’ascension, mon rythme est bon et je me rends compte, grâce au petit papier collé sur mon cadre, que je suis tout à fait dans le timing prévu. Pourtant et ce sera le cas durant toute la montée, je roule aux sensations et je ne m’impose aucune vitesse préétablie. Par ailleurs, je me fais dépasser par beaucoup de cyclos. Cela j’en ai l’habitude. Les deux seuls que j’ai dépassés un jour en montagne étaient à pied et poussaient leur vélo... À ma grande surprise, aux Boussardes, 4 km après Le Monêtier, je dépasse un gars qui mouline sur son VTT. Un couple de Hollandais me sert de point de mire depuis quelques minutes, ils sont 400 mètres devant moi. Ils roulent à la même allure que moi, mais eux sont chargés de sacoches... La femme semble en difficulté, je lui reprends une dizaine de secondes à chaque kilomètre. Je n’accélère pas pour autant, je garde mon rythme. La route qui relie Le Monêtier-les-Bains au col du Lautaret suit la vallée de la Guisane avec, très tôt, le Galibier qui se présente à notre regard, droit devant. C’est magnifique.  Étrangement, le doute m’envahit. Je roule bien, comme prévu, mais la fin du Galibier est dure et encore loin, tiendrai-je jusque là ? Je continue cependant. Je rattrape et dépasse la Hollandaise. Je me fixe alors sur le passage suivant, celui du tunnel. Je le passe sans encombre, il y fait bien clair et mon feu rouge que je viens de mettre dans mon dos en roulant s’avère inutile. À la sortie du tunnel, il me reste à monter les deux seuls lacets de ce versant du Lautaret. Brigitte m’attend au sommet. Par manque de confiance en moi, je décide d’y faire une pause ravitaillement et photos. J’échange mon bidon presque vide. J’ai une minute d’avance sur mon plan de marche, tout va bien. Les Hollandais redescendent sur Bourg-d’Oisans, je tourne à droite, Galibier me voilà. Je retrouve la route montée en 2006 avec plaisir. Je sais que j’en suis capable. J’ai peur cependant que les 23 bornes d’ascension déjà effectuées ne se payent plus tard. Je continue « tout à gauche », sans précipiter. À mi-chemin, je m’arrête pour vider un gel et repars immédiatement. À deux bornes du sommet, je sens l’arrivée toute proche et voici même que je reviens sur un VTTiste, je prends sa roue, le dépasse, sous les yeux d’ un photographe professionnel. Je le laisse... alors que voici le monument Henri Desgranges. Je veux y faire une photo rapidement, merci Brigitte et je repars en vitesse. Pas question que le cyclo ne me redépasse ! Au monument Henri Desgranges, situé à l’entrée du tunnel qu’empruntait autrefois le peloton, il reste exactement un kilomètre, le plus terrible. Il commence par une rampe à 11 % qui heureusement ne dure que cent mètres. Ensuite, le M formé de trois virages consécutifs. Dans le dernier, un deuxième photographe encourage les valeureux cyclistes. Il tire quelques clichés, me donne sa carte et me lance : « Courage, il ne reste que 200 mètres ! » Cela fait trente-et-un kilomètres que je grimpe et là, c’est la cerise sur le gâteau : ce double hectomètres est incliné à 12 %. C’est très dur et il n’est pas question de mettre pied à terre. Je m’arrache, dans la douleur, j’y arrive, enfin ! Heureux au seul passage de la ligne ! Le temps de ma montée finale est, cette année, d’une heure cinq et trente secondes, soit 8 km/h. Après les photos d’usage, j’enfile mon coupe-vent Noret et je plonge dans la descente pour rentrer à l’hôtel. La descente du Galibier vers le Lautaret est très tortueuse et la montagne y est souvent à pic.  Pas question de prendre le moindre risque, je descends très prudemment. Le Lautaret est rallié à moins de 30 de moyenne. Par contre, le final est très agréable, la vallée assez droite se descend sans risque à plus de cinquante. Pas question de faire de la vitesse, mais je profite maintenant de toute cette énergie potentielle accumulée ce matin. Je kiffe grave ! Je dépasse même un camion qui transporte trois chevaux. Brigitte, qui a quitté le Lautaret (en voiture) en même temps que moi, ne m’a pas encore rattrapé. La pente se fait plus douce, les dix derniers kilomètres sont en faux-plat favorable, mais il faut y pédaler pour garder un petit quarante au compteur. J’y rattrape et dépasse un à un, quatre autres cyclos. À quatre bornes de l’arrivée, Brigitte me rejoint à la faveur d’un feu rouge. Mais à Chantemerle, nous rentrons à l’hôtel en même temps. Une belle partie de manivelles qui clôture cette première journée « Briançon 2008 » où la météo fut idéale. La température est, en effet, montée en même temps que moi : 16° au départ, 17° au sommet du Lautaret et 16° au sommet du Galibier, la fraîcheur de l’altitude a été compensée par une apparition du soleil. Au retour : 23° au Lautaret et 27° à Briançon, mon coupe-vent était vraiment l’équipement idéal pour cette descente. Quelques chiffres : 62,1 km – 17,3 km/h – dén.: 1300 m – Vmax : 55,5 km/h. En soirée, nous sommes partis reconnaître à pied, le début du Granon. Terrible ! Je ne crois pas que ce sera pour cette année ! 7 août 2008 Journée calme, la météo n’est pas favorable, ils annoncent des orages pour l’après-midi ou la soirée. Alors ce matin une visite de la ville de Briançon est programmée, mais très vite celle-ci se transforme en un nouveau repérage de la route pour demain, à savoir la montée de la face nord de l’Izoard. Pour Brigitte, il s’agit avant tout de prendre tous les repères nécessaires. C’est facile, il suffit de suivre les panneaux « col d’Izoard ». Pour moi, il faut repérer les points stratégiques, les difficultés essentielles. Les sorties des villages de Cervières et de Laus sont plus pentues. La partie la plus dure se concentre dans les six kilomètres après Laus. Les virages à droite et donc à la corde, sont assez impressionnants. Il faudra les prendre assez large, hors piste cyclable. Le final tourne autour du refuge Napoléon qui sied exactement à la flamme rouge. Je prends les repères de la dernière borne sur le bord de la route, mes calculs confirment mes notes : 8 % et pas 12 comme indiqué sur celle-ci. C’est déjà ça. Rendez-vous demain matin ! |
|  | | Pierre-Manu Président


Age: 43 Nombre de messages: 2058 Localisation: Douvrain Vélo: Eddy Merckx
 | Sujet: Confrérie des Cent Cols Ven 15 Aoû 2008 - 19:26 | |
| 8 août 2008 Lever à sept heures, petit déjeuner à sept heures trois quart, c’est déjà une coutume dictée par les normes de notre hôtel. Aujourd’hui, le huit du huit deux milles huit, c’est le jour de mon entrée à la Confrérie des Cent Cols. J’en suis déjà à 116, mais je dois encore décrocher mon cinquième « col à plus de deux milles mètres ». Après le Col du Lautaret (2057 m), le Col du Galibier (2642 m) et le Collet du Plan Nicolas (2406 m) en 2006, l’Iseran (2770 m) l’an passé, le Lauraret et le Galibier remontés de tout en bas avant-hier, voici l’Izoard (2360 m). Après l’Iseran et le Galibier, l’Izoard sera également ma troisième montée Hors Catégorie du Tour de France. La barre est placée haute en ce jour d’ouverture des J.O. de Beijing. Je descends donc sur Briançon en guise d’échauffement. Il fait frais ce matin, 13°, ce n’est pas beaucoup, mon coupe-vent est très utile.  Après sept bornes, je retrouve les premières rampes de l’Izoard. Dans le premier hectomètre, je dépasse un couple de cyclos. Un kilomètre plus loin, je me fais dépasser à mon tour par un cyclo...sportif. Je prends mon rythme. Je sais que les difficultés viendront plus tard. Pour le moment, j’ai quatre kilomètres de pente raisonnable, 4 à 7 %, à effectuer avant deux autres en légère descente. Je profite de ces kilomètres plus faciles pour me ravitailler en roulant. Je laisse mon coupe-vent à la voiture. Les dix premiers kilomètres d’ascension sont montés à 10 km/h de moyenne. Pas d’excès de vitesse, pas de retard non plus, je suis parfaitement dans mon timing. Comme l’avant-veille, je monte à ma main et cela va plutôt bien. Pourtant, j’ai une réelle boule dans le ventre. Suis-je capable d’y arriver ? Je traverse Cervières, je prends un nouveau bidon et lâche le précédent, puis Laus... Les kilomètres s’accumulent et je monte toujours bien.   Mais à la sortie de Laus, les choses sérieuses commencent : les quatre kilomètres les plus terribles. Une surprise m’y attend. La pente n’est pas du tout régulière, elle oscille constamment entre 6 et 14 %. À dix heures huit, lisez 8:08 GTM 08/08/08, je suis au vingtième kilomètre dans le premier virage serré, il n’est pas trop redressé, ça passe. Contrairement à ce que je pensais, je me rends compte que cette grande alternance de passages très pentus et plus doux m’est assez favorable.   Les trois virages suivants sont plus raides, je les prends sur la route des voitures qui patientent, pas de problème. Contrairement à ce que je fais d’habitude, je relance en danseuse dans les passages plus abrupts et cela passe sans heurt. Je me découvre peut-être une nouvelle technique personnelle. Par contre, l’axe de mon pédalier n’apprécie pas trop et craque à chaque coup de pédale – à plus de 10 % – mais le corps lui tient le coup. Le moral monte en flèche. À trois bornes du but, je me rends compte qu’un Liquigas est dans ma roue et il ne prend pas le relais. Après 500 mètres, il me dépose, je le laisse. Je me concentre sur ma montée. Tiens au fait, le couple dépassé en bas ne m’a pas repris et il est loin derrière, je ne le vois pas. Il me reste maintenant deux kilomètres. Je suis entré dans un véritable stade autour du refuge Napoléon. Je vois Brigitte au balcon de la terrasse qui va pouvoir prendre quelques clichés. Je sais que les deux derniers kilomètres ne présentent qu’une déclivité de 8 %. Une certaine euphorie emplit tout mon être. Je regarde derrière : aucun cyclo en vue ne pourrait me reprendre, je continue à mon rythme. Je passe devant le refuge : immense !! À 500 mètres, je retire mes lunettes pour les photos finales. Dans le dernier lacet, j’ai des frissons de bonheur, le poing serré, je lance un premier « yes ». Quatre touristes descendent en contre sens, l’un d’eux lâchera : « Je le comprends ». Il me reste cent mètres. Brigitte, la photographe officielle, surprise par mon final, me lance : « Va moins vite ! » J’ai l’impression d’être à l’arrivée d’une étape du Tour. Je n’ai pas envie de ralentir, mais bien de sprinter, je suis tout fou. À dix mètres de la ligne je lève mes deux bras au ciel, je suis HEU... REUX... et pour la première fois en haut d’un col et non des moindres, je n’éprouve pas le besoin de reprendre mon souffle. Au contraire du Galibier, le final de l’Izoard permet de profiter du moment. Quel col magnifique, quelle belle montée. 2 h 15 pour la montée de 19,3 km, soit exactement ce que j’avais prévu ! Tous les éléments étaient réunis. Le soleil et surtout AUCUN vent, alors que celui-ci peut être terrible au sommet. Les arbres m’ont donné de l’ombre assez souvent, la fraîcheur était appréciable. Alors que Brigitte prend quelques photos du monument sommital, d’autres cyclos franchissent le sommet. Deux, seulement, m’auront dépassé sur toute cette montée, fierté ! Nous dînons au refuge que je vous conseille vivement. Et vers treize heures, j’entreprends la descente, prudemment. Seule erreur dans la programmation de la journée, la remontée vers Chantemerle depuis Briançon, pied du col, se fait sur la seule chaussée où l’air est irrespirable à cette heure, tant les véhicules y sont nombreux. À deux kilomètres de l’hôtel, je bifurque par le village de St Chaffrey afin d’éviter ce cortège nauséabond. Je grimpe par là jusqu’au pied du Granon, d’où je replonge sur Chantemerle. Objectif atteint, journée inoubliable ! J’aime énormément le Galibier, mais aujourd’hui, l’Izoard le déloge à la première place dans mon cœur ! Quelques chiffres : 53,45 km – 14,8 km/h – dén.: 1402 m – Vmax : 60 km/h. 9 août 2008 À la demande de Brigitte, nous allons découvrir le Granon ce matin... en voiture. Je n’ai pas tout à fait retiré de ma tête l’éventualité de cette ascension... de cette escalade serait plus approprié ! La route est de bonne qualité. Le début est affolant, la traversée de Villard Laté propose une rampe effroyable à 14 %. À la descente, je me rendrai compte que celle-ci ne dure que cent mètres, mais elle est si pentue ! Beaucoup de cyclos montent, ils serrent bien leur droite, car beaucoup de voitures montent aussi. La pente est impressionnante, même si le passage de Villard Laté ne semble pas se reproduire de si tôt. C’est déjà cela. Après six kilomètres, les arbres font placent à une décor lunaire. Le Granon doit être un cousin du Géant de Provence... Lors de la descente, je me rends compte que partout deux voitures peuvent se croiser en roulant doucement. La vitesse des autos du coup ne dépasse que très rarement les 30 km/h. Les vélos ne semblent pas en danger pour peu qu’ils ne vacillent pas. Le décor est ahurissant, les à-pics fréquents... Y monterai-je demain ? Je ne sais pas. Le tenterai-je ? Peut-être. La seule chose sûre à l’heure actuelle : je ne demanderai pas à Bri d’y monter en voiture. Soirée : Demain, je tente le Granon. Enfin, je m’y lancerai et j’irai jusqu’où je peux. Tiendrai-je au moins jusqu’à Villard Laté ? Plus loin ? Jusqu’au sommet ? Si je n’y arrive pas, je redescendrai et me consolerais peut-être avec une nouvelle ascension du Lautaret, à voir... Si j’atteins le sommet victorieusement, alors l’Alpe d’Huez et le Ventoux seraient également à ma portée. Mais de quoi suis-je vraiment capable ? Demain midi, j’en saurai beaucoup plus. |
|  | | Pierre-Manu Président


Age: 43 Nombre de messages: 2058 Localisation: Douvrain Vélo: Eddy Merckx
 | Sujet: Le défi du Granon Ven 15 Aoû 2008 - 22:50 | |
| 10 août 2008 J’ai passé une nuit étrange. Je me suis réveillé souvent. À chaque fois, je revoyais dans ma tête le profil et les moments stratégiques revus hier avant de me coucher. Aussitôt, je me rendormais dessus... Lever à sept heures, petit déjeuner à sept heures trois quart. Ce matin, le but est clair : arriver en haut !... aller jusqu’au bout de moi-même. Je plonge sur Briançon, du moins jusqu’à l’entrée de Briançon et pas plus, car je veux éviter le trafic auquel j’ai déjà goûté vendredi. À Briançon, demi-tour et au rond-point : à droite vers Saint-Chaffrey et le pied proprement dit du col du Granon. Les cinq premiers kilomètres roulés m’ont retiré cette boule que j’avais au ventre. Cette fois, c’est parti. Mon premier objectif est la rampe de Villard Laté. Là, j’aviserai. Je monte à ma main. Le village est tout proche, j’y suis rapidement.  Je passe la rampe à 14 % en danseuse sans trop de problème. Je me rassieds et continue. La déclivité de la route ne descend en dessous de 10 % que très rarement. Mais mon rythme est bon. La deuxième borne sur le bord de la chaussée indique le col du Granon à 9,5 km. Les arbres sur le bord de la route m’offrent une fraîcheur appréciable, car aujourd’hui la température monte plus vite, déjà 23°C. Mes quadriceps sont en feu. Une question m’obsède : Quand vais-je devoir poser pied à terre ? Dès qu’un passage est plus dur, souvent entre 12 ou 14 %, je me dresse sur les pédales et cela passe encore. Les bornes kilométriques cadencent ma montée. Voici la quatrième, il me reste 7,5 km. Le tiers est derrière moi. Maintenant, je sais que j’irai jusqu’au sommet, mais je sens que je vais devoir faire une pause. Pas pour le moment, j’essaie d’arriver à mi-montée. Un coureur à pied qui prépare le défi du Granon qui a lieu le 15 août, me dépasse et me lâche aussi vite qu’un cyclo ! Ca fout un coup au moral, mais je me reconcentre sur mon ascension. Il est incroyable de penser que je peux reprendre mon souffle quand l’altimètre indique 8 ou 9 %. Jamais je n’aurais pu l’imaginer. Depuis le pied, je n’oublie pas de boire régulièrement, mais avaler l’eau me coupe le souffle à chaque fois et il me faut le retrouver. Dès que la route m’octroie un petit replat... à 8 %, je vais chercher un peu de ravito dans ma poche. Entre le cinquième et le sixième kilomètre, l’inclinaison est sévère.  J’ai l’impression de ne plus avancer. Les arbres se font très rares, l’ombre aussi. Il fait 27°. Tant qu’à m’arrêter, ce sera à l’ombre, j’épie le moindre arbre protecteur. En voici un, mais la route ne monte « qu’à 9 % », je vais un peu mieux, je prendrai le prochain. Les lacets sur fond de ciel bleu sont impressionnants.   La cime des montagnes voisines dépasse à peine. Je vais m’arrêter, mais là, c’est plein soleil : impossible. Je me remets en danseuse. Bientôt, il ne reste que 3,5 km. Les cinq cents derniers mètres étant plus « doux », je ne les compte pas dans mon décompte final, disons donc 3 km. J’irai au bout sans mettre pied à terre, je le veux ! Voici la neuvième borne, les deux kilomètres à venir sont plus durs et l’air commence à me manquer. À 10 % et plus, je roule maintenant à 4,5 km/h. Je ne vois toujours pas les baraquements militaires que je croyais plus proches. Avec cette inclinaison de la route, chaque lacet cache le reste de l’ascension. Les cyclos que je rencontre me lancent des encouragements qui me font du bien. Les hectomètres passent de moins en moins vite. Pourtant, voici enfin le début du domaine militaire, il reste exactement un kilomètre, c’est la flamme rouge. L’air a beau se faire rare – je suis à plus de 2.300 mètres d’altitude – il n’est pas question que j’abandonne maintenant et que je mette un seul pied à terre. Dur, dur, à chaque coup de pédale, je m’arrache en danseuse. Il reste cinq cent mètres à 8 %. La respiration est difficile. Je ne peux pas m’arrêter, je donne tout. Et puis soudain, voici au loin, le dernier tournant repéré hier. Il reste deux cents mètres. L’émotion monte soudain et inonde mes yeux. Je déguste enfin ! J’ai réussi à monter le Granon d’une traite ! Incroyable ! Je suis super heureux !  Un couple de marcheurs s’approche de moi pour partager cet instant. « Laisse-le respirer, dit la femme, il vient à peine d’arriver. On croirait les journalistes au Tour de France ! » L’homme a gravi le Galibier jeudi et l’Izoard samedi. Il connaît cette joie. C’est lui qui fait mes clichés victorieux. Par après, trois autres cyclos me rejoignent pour partager. Le premier a monté le Granon en une heure, la deuxième en une heure quatorze. Un bref calcul me permet d’annoncer humblement une heure quarante neuf... C’est qu’il faut les monter ces quatre-vingts kilos, tous les cyclos croisés aujourd’hui étaient bien sveltes ! Pas de réseau gsm pour rassurer Brigitte, je repars aussitôt. La descente est aussi abrupte que la montée... je roule prudemment... à 20 km/h. Je décide de prendre un maximum de photos, toutes plus impressionnantes les unes que les autres. À l’arrivée, les notes que j’avais laissées à l’hôtel m’indiquent que je suis monté en douze minutes de moins que prévu. C’est fou ! À une vitesse moyenne de 6,3 km/h sur les 10,5 km de la montée... Ben oui, ça grimpait fort quand même ! à 9,6 % de moyenne ! Voici le triple défi Serre-Chevalier relevé. Je peux le dire : 100 % Serre-Che ! Aujourd’hui, je le sais : Je suis capable de monter le Col du Granon !!!!! Quelques chiffres : 29,28 km – 10,8 km/h – dén.: 1098 m. 11 août 2008 La quatrième journée ayant été annulée pour cause de tunnels trop dangereux, je me demande si je vais la remplacer. L’Alpe d’Huez est éloignée à plus d’une heure, à l’aller, mais aussi au retour. Certes, il me reste un goût d’inachevé quant à la manière dont j’ai gravi le Galibier mercredi passé. En effet, j’ai fait une pause au Lautaret et deux mini pauses, l’une pour ravito et l’autre pour une photo, dans l’ascension finale. Et si je refaisais l’ascension totale avec objectif de ne faire aucune pause entre le pied à Chantemerle et le sommet du Galibier. La météo n’est pas trop bonne pour demain, je roulerai mercredi. 13 août 2008 Lever à sept heures, petit déjeuner à sept heures trois quart. Ce matin, le but est clair : arriver en haut du Galibier sans pause. 31 kilomètres d’ascension sans replat ou descente, mais après la montée du Granon, je ne crains plus la moindre défaillance. Il fait frais ce matin, 13°, ce n’est pas beaucoup. Je choisis cependant la tenue estivale, car en côte, la température du corps monte vite. Cette fraîcheur est même un avantage. Je prends la route vers Le Monêtier. Je roule à mon rythme comme toujours. Il n’est pas question de faire un temps. La traversée de la très large vallée de la Guisane est vraiment jolie. La montagne de part et d’autre me fait une haie d’honneur en guise d’au revoir. Que la montagne est belle ! Au kilomètre 14, 14°, le Galibier se présente à moi au loin. Il y a moins de cyclistes sur la route que mercredi passé. Par contre, il y a beaucoup plus de voitures. Au kilomètre 18, 15°, un nouvel invité se présente à moi : le vent. Hier, la météo locale annonçait des rafales sur les cimes. Oups ! Pour l’instant, il est de face, mais modéré. Pas de problème. Au kilomètre 20, tout pile, voici le fameux tunnel, il fait 390 mètres. Bien visible, pas de stress, pas de danger. À la sortie, il reste deux bornes pour le sommet du Lautaret. Plus loin, un cyclo me dépasse et me lance : « Allez, plus qu’un kilomètre ! » « Oui, mais après il y a le Galibier ! » lui dis-je. « C’est pas pour moi. » répond-il... Au kilomètre 22,5, 13°, le sommet du Lautaret, je prends à droite tout de suite, pas d’arrêt au sommet intermédiaire. Me revoici pour la troisième fois dans cette partie finale de la montée du Col du Galibier. C’est dire si je connais ces quatre-vingts sept hectomètres de légende. Les tout premiers sont plus doux, je me ravitaille en les négociant. Et après, c’est parti... en danseuse pour me remettre dans le rythme. Deux kilomètres plus loin, je me trouve bien rapide : 9 km/h sur un tronçon à 8 % ! Je comprends vite la situation. Le vent est fort et je l’ai dans le dos. Mais voici qu’il faut tourner à gauche et je vais me le prendre dans le nez pour deux bornes ! Je me console en regardant le lacet d’en face. Il doit être aussi long et là, le vent me sera à nouveau favorable. Et ça marche. Le moral est bon d’autant que bientôt je vais me présenter au pied des derniers lacets avec vue sur un final extraordinaire : monument Henri Desgranges à mi-hauteur à gauche, les lacets droit devant, le col tout en haut et la montagne tout autour. À ma grande surprise en arrivant dans ce dernier vélodrome naturel, les rafales de vent n’ont pas la même direction et une intensité violente. Il me reste trois kilomètres. À deux kilomètres du sommet, une rafale me surprend et manque de me faire chuter. Je déchausse et continue de pédaler d’un pied pour rester sur le vélo. J’en suis quitte pour une grosse frayeur. Comme le décor à droite de la route est un à-pic impressionnant, je roule à un mètre du bord de la route et je tiens mon guidon fermement par les cocottes. Heureusement, il n’y aura plus de rafale de ce type. Par contre, le vent est toujours bien présent. Tout comme les photographes professionnels. Je reviens sur un cyclo à casquette qui était cent mètres devant moi depuis longtemps. Au monument dédié au fondateur du Tour de France, il met pied à terre, je le dépose. Il ne reste qu’un kilomètre composé de deux raidillons séparés par mon M. En danseuse, le premier passage à 12 %, vent de face, est vite derrière moi. Ayant peur d’une potentielle rafale, je roule au milieu de la route profitant d’un hectomètre sans voiture. Me battant contre le vent, je ne prends aucun virage à la corde. Voici le deuxième photographe qui me lance son « Courage, plus que deux cent mètres » Cela me paraissait plus long la dernière fois... C’est surtout le signal de la fin à 12 %. Je m’arrache en danseuse. C’est vraiment dur ! Mais aujourd’hui, les cinquante derniers mètres ont meilleur goût. Mes jambes s’emballent, c’est réussi ! Le poing serré, je passe la ligne en vainqueur. Le temps de ma montée finale est, cette semaine, d’une heure quatre, soit 8,2 km/h. Note : la dernière ligne droite mesurait 370 mètres. Je récupère un peu, me laisse prendre en photos par Brigitte, auteur de toutes les photos du reportage. Merci Bri ! Je prends mon coupe-vent et hop je plonge... prudemment. Pas de marmotte repérée cette année, mais dans le premier kilomètre de descente, voici une vache qui décide de traverser juste devant moi. Comme je roule doucement, pas de problème pour l’éviter, mais c’est tout de même impressionnant vu le pourcentage de la pente, les deux motos arrivant en face et le vent présent. Au monument, je retrouve le cyclo à la casquette... Je continue mon chemin. Connaissant mieux la route, je me permets même une petite pointe à 66 au-delà du Lautaret. Le retour à l’hôtel se roule avec facilité et plaisir. Cependant, à la sortie du dernier village, je dois m’arrêter. Un gros insecte s’est coincé dans mon casque en début de descente. Je le croyais sorti depuis longtemps. Mais là, ça bouge dans mes cheveux, cela me met la puce à l’oreille... Je retire mon casque et laisse prudemment un gros bourdon s’envoler. Oufti ! Quelques chiffres : 62,06 km – 16,8 km/h – dén.: 1300 m – Vmax : 66 km/h. Magnifique séjour, météo idéale pour rouler. Et dire qu’ils annoncent de la neige à partir de 2.100 mètres pour le 15 août sur toute la région. À quoi cela tient ! _________________ Pierre-Manu – Cyclo Complet en 2007  |
|  | | Pierre-Manu Président


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