| | | De retour dans les Hautes-Pyrénées | |
| | Auteur | Message |
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Pierre-Manu Président


Age: 43 Nombre de messages: 2094 Localisation: Douvrain Vélo: Eddy Merckx
 | Sujet: De retour dans les Hautes-Pyrénées Mer 9 Sep 2009 - 22:34 | |
| Il se pourrait que je retourne quelques jours dans les Hautes-Pyrénées (65) à la Toussaint avec la famille. Nous logerions à Luz-St Sauveur. Le vélo sera sûrement dans le coffre afin, si le temps le permet, de finir cette année Pyrénéenne par une ou deux dernières belles ascensions. Le Port de Boucharo, la montée vers Luz-Ardiden ou une deuxième ascension du Tourmalet, mais par quel versant (?), sont mes quatre projets routiers potentiels. Cependant, il est plus que probable que je ne roule qu'un jour ou deux. Il y aura donc un choix à faire. Le Port de Boucharo est une ascension de 32 km qui me permettrait d'engranger deux cols à + de 2.000 m pour le club des cent cols : le col de Tentes à 2.215 m et le Port de Boucharo à 2.270 m. En fait, le Port de Boucharo, aussi appelé Port de Gavarnie, est accessible par une petite route jonchée de rocailles au bout de 1,5 km à partir du Col de Tentes. Entre Tentes et Boucharo clique pour agrandir La montée vers Luz-Ardiden est une montée Hors-Catégorie du Tour de France. En option lors de la Traversée des Pyrénées, je ne l'avais pas réalisée en août dernier. clique pour agrandir Quant au Tourmalet, le monter avec moins de voitures pourrait effacer ce souvenir si noir que j'ai gardé de lui. Ce qui me pousserait à le refaire par le même versant, mais le versant est est également une autre possibilité à envisager. Les deux versants sont évidemment Hors-Catégorie. clique pour agrandir clique pour agrandir |
|  | | Pierre-Manu Président


Age: 43 Nombre de messages: 2094 Localisation: Douvrain Vélo: Eddy Merckx
 | Sujet: Re: De retour dans les Hautes-Pyrénées Mar 3 Nov 2009 - 10:25 | |
| À notre arrivée, dimanche, il y avait 24°. Depuis lundi matin et cela ne devrait pas changer, il pleut sur Luz-St-Sauveur. Il y a un petit 10°. Et là-haut, il neige. Hier, nous sommes allés jusqu'au col des Tentes. -2° et de la neige en direct live... Aujourd'hui, ce sera la moins mauvaise journée. Il s'est arrêté de pleuvoir sur Luz, mais qu'en est-il là-haut ? Les cimes sont dans les nuages. Hier, ils ont fermé le col pendant que nous étions au sommet... Vers onze heures, je partirai à vélo vers Gavarnie. Première étape sur la route du col des Tentes. Après c'est l'état des routes qui décidera, mais voilà seul le sommet (plus de 2.000) compte et pour bien faire je voudrais aller chercher Boucharo, 1,4 km plus loin... Qu'en sera-t-il ? Dans quel état trouverai-je la route ? Dans quel état me retrouvera-t-on ? Hier nous sommes également parti sur Luz-Ardiden. Superbe route au sommet moins haut... à faire demain ou après, si la sorcière des neiges me lâche les soquettes... |
|  | | Pierre-Manu Président


Age: 43 Nombre de messages: 2094 Localisation: Douvrain Vélo: Eddy Merckx
 | Sujet: Re: De retour dans les Hautes-Pyrénées Mer 4 Nov 2009 - 15:23 | |
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Mardi 3 novembre 2009 Col des Tentes et Port de Boucharo – 64,21 kmBientôt onze heures, je descends avec ma petite caisse. Je n’ai rien laissé au hasard vu la météo annoncée. J’ai placé des chaufferettes dans mes chaussures (cfr Tour de Wallonie), j’ai pris les gros gants imperméables et je garde dans ma poche des chaufferettes pour les mains en cas de précipitation (neige ou pluie). Avant la veste hiver et mon long cuissard, j’ai commencé par un « sous-maillot » isolant et là maintenant, j’enfile ma cagoule spéciale pour le vélo l’hiver. Je pars de Luz-Saint-Sauveur, mais après un kilomètre, une surprise de taille : j’ai chaud… beaucoup trop chaud. Et avec le début de la montée, la chaleur augmente vraiment. Pas encore sorti de la ville, je m’arrête et retire la cagoule. Le ciel est couvert et les cimes sont dans les nuages, mais il y a 16° au compteur ! Le décor automnal est magnifique. Je longe un cours d’eau bien large, le Gave de Gavarnie. Je vais le remonter jusqu’à Gavarnie. Les onze premiers kilomètres m’amènent à Gèdre en guise d’amuse mollets, la route est très roulante et le dénivelé très gentil, 3 % de moyenne. La route et la rivière sont encadrées de montagnes trop belles. En chemin, je passe devant le fabricant de gâteau à la broche, plus loin, la centrale hydroélectrique. Gèdre est à 1.000 mètres d’altitude. Au loin, le ciel est dégagé et le soleil illumine tout l’horizon, ce qui est bon signe pour le sommet. Après 50 minutes, à l’entrée de Gèdre, je téléphone à Brigitte. Nous avons rendez-vous à Gavarnie. Je lui demande de prendre ma veste mi-saison et mes gants plus légers. Je retire même mes gros gants et continue à mains nues. Il fait vraiment trop chaud. 15° à l’ombre et 20° au soleil. Cap sur Gavarnie. Le soleil brille maintenant et j’ai beau monter, la température ne baisse toujours pas. Le deuxième tiers de l’ascension est un peu plus sportif, mais reste « facile » de 3 % à 8 %. À trois kilomètres de Gavarnie, Brigitte et les garçons me dépassent en voiture. D’un geste je les arrête afin de changer de veste et de gants. La veste mi-saison est idéale, même quand la température va descendre quelque peu. J’arrive à Gavarnie où je sprinte à la faveur d’un pourcentage favorable (2 %). Mon cœur y bat son record de l’année : 187 pulsations/minute ! À Gavarnie, Brigitte, Thomas et Vincent vont manger. Moi, je continue avec quelques gels et autre Sultana. J’en suis à 1h36 pour 20 km d’ascension. À partir d’ici, la température oscille entre 12° et 15°. Le final est beaucoup plus sportif : 10 km, pour moitié autour de 7-8 % et pour autre moitié autour de 9-10 %, le tout en alternance. Dur, très dur, après les vingt premiers kilomètres déjà roulés, mais si beau à la fois. Le décor, c’est le cirque de Gavarnie, excusez du peu ! Les cimes sont sous la neige tombée hier. Mais sous le soleil du jour, la route et ses bas-côtés sont secs et accueillants jusqu’au sommet pourtant laissé sous la neige hier. À cinq kilomètres du sommet, un panneau « passage interdit, route non déneigée ». La logique me fait penser que la route si sèche est cyclable jusqu’au bout. Je continue. Brigitte qui a fini de dîner, me dépasse en me signalant l’interdiction, mais je ne suis pas venu jusqu’ici pour m’arrêter maintenant. La pente est souvent à 9 %. Le décor est extraordinaire, d’autant que je suis seul ici avec cette nature pour moi tout seul. À un peu plus d’un kilomètre du sommet, j’aperçois la silhouette de Brigitte et Vincent au sommet. Deux minuscules points sur la ligne de crête. Ils m’épient de là-haut. Cela fait du bien au moral, car l’effort est extrême (pour moi). Pourtant au sommet du Col des Tentes (2.215 m), je suis bien. Il y a un peu de neige au sommet, mais il n’en reste que très peu sur les côtés, la route est parfaitement sèche. La route vers Boucharo barrée par des rochers est sèche également. J’y vais. Pas question de vitesse, il faut éviter les cailloux. Parfois, je dois descendre du vélo. Les deux derniers hectomètres sont enneigés. Et le sommet n’est que cailloux, mais j’y suis. Port de Boucharo 2.270 m, le deuxième col à plus de 2.000 mètres du jour. Les panneaux habituels ont été ôtés pour l’hiver. Maintenant, reste la descente. Cool ! Je lance aux garçons, je ne serai pas loin de vous à l’arrivée. Et m’élance. 10° au sommet, mais vite 7° dans la descente, les doigts ont froid, mais cela passe. Le premier tiers descend très fort, mais la route n’est pas dangereuse, d’autant que je suis seul. Je me garde d’aller trop vite et garde une allure autour des 30 à l’heure. Brigitte m’a dépassé, mais je reste à cinquante mètres. À Gavarnie, un mobile-home espagnol me coupe la route et part devant. Je me le fais au feu rouge des ouvriers qui entretiennent la route. J’enroule un grand braquet, car la route est bien droite et les zigzags très souples et larges. Je prends mon pied, même si les vitesses ne sont pas folles. J’enroule et mon cardio me le signifie 160 pulsations en descente ! Le dernier tiers est beaucoup moins pentu et pour ne pas perdre trop de terrain sur Brigitte qui m’a redépassé, je mouline à fond. Le dernier kilomètre remonte légèrement vers l’hôtel. Dur dur de garder le même rythme, mais à l’hôtel, les garçons quittent à peine la voiture, je rentre en premier ! Une superbe journée d’automne, quel plaisir ! Demain, la neige sera généralisée, c’était sans doute le dernier jour cyclable ici avant le printemps... à moins que... Quelques chiffres: 64,21 km – 14,7 km/h – fc moy.: 159 – dén.: 1.550 m – 7 à 20°C. .
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|  | | Pierre-Manu Président


Age: 43 Nombre de messages: 2094 Localisation: Douvrain Vélo: Eddy Merckx
 | Sujet: Re: De retour dans les Hautes-Pyrénées Jeu 5 Nov 2009 - 10:02 | |
| Ce jeudi matin, les montagnes sont blanches au-dessus d'une ligne imaginaire horizontale. En-dessous, c'est l'automne. Mais si nous admirons ces cimes blanches, c'est aussi que le ciel est illuminé. La météo annonce de nouvelles chutes de neiges pour l'après-midi, mais que la matinée est belle. La question est de connaître l'état de la montée sur Luz-Ardiden. Luz-Ardiden est la station de ski juste au-dessus de Luz-Saint-Sauveur, la route pour y accéder devrait avoir été bien dégagée, mais le sera-t-elle jusqu'en haut ? De plus, la station ne culmine qu'à 1.720 mètres. Alors au-dessus ou en-dessous de la ligne de partage automne-hiver ? Si les nuages présents dans le ciel restent pacifiques, je pourrais bien tenter une sortie vers onze heures... Aujourd'hui, les vêtements hiver s'imposeront, la température extérieure flirtant avec les zéros degrés. |
|  | | Pierre-Manu Président


Age: 43 Nombre de messages: 2094 Localisation: Douvrain Vélo: Eddy Merckx
 | Sujet: Hard 'iden Jeu 5 Nov 2009 - 18:46 | |
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. Montée vers Luz-Ardiden HC – 29,81 kmBientôt onze heures, douze degrés, il ne pleut plus depuis ce matin. J’y crois et je pars à l’assaut de Luz-Ardiden. En haut, il fera froid, mais sec. Ma cagoule, je l’ai glissée sous ma veste pour me protéger le ventre. J’ai juste hésité sur la paire de gants : Noret ou Décathlon imperméable ? Optimiste, j’enfile les Noret, mais place des chaufferettes pour les mains dans la poches de mon maillot au cas où il pleuvrait… Optimiste et en grande forme, je prends le départ. La route est mouillée, mais de bonne qualité, aucun risque. Les premiers hectomètres sont en descente légère pour sortir de Luz-St-Sauveur. Les deux kilomètres suivants à 5-6 % seront le seul échauffement. Les panneaux officiels décrivent l’ascension tous les kilomètres. Les affaires sérieuses commencent déjà après vingt minutes. 11 km à parcourir, 8,5 % annoncés. Mais voilà la bruine qui s’invite. Après un kilomètre, elle se calme cependant. J’y crois, ce sera une bonne journée. Hélas, après un nouveau kilomètre, la pluie est à nouveau à l’ordre du jour. À ce moment précis, il reste 9 bornes, j’en ai déjà parcouru 4,5… Je ne veux pas abandonner de suite, j’attends encore un peu. Enfin, je poursuis. 2,5 kilomètres plus loin, cela semble se calmer. Il ne reste plus que 4°. Un degré perdu à chaque kilomètre de façon très régulière. Je m’arrête pour rassurer Brigitte par gsm. Je place mes chaufferettes dans les gants pour la suite, mais je n’ai pas froid, j’anticipe. Je me sens vraiment bien. Je continue. Le décor est magnifique sous la neige au-dessus de moi. Je respire enfin et admire. Hélas, après 800 mètres, voilà de nouvelles gouttes sur mon compteur. C’est de la neige. J’aime et cela ne me dérange pas, d’autant qu’il n’y a pas trop de vent et que la neige n’est pas violente. Je poursuis, il reste 5,5 km. Les pourcentages oscillent entre 7 et 11 %. J’ai refermé ma veste, mais tout va bien. Un hélicoptère des secours en montagne survole la montagne. Plus loin, je croise un troupeau de moutons sur la route qui me regardent incrédules. Je dois m’y frayer un chemin. À la sortie d’un virage, ce sont deux chevaux qui me regardent de leur prairie. Ils me suivent comme les vaches suivent le train qui passe. Comme pour m’encourager l’un d’eux hennit. Ils viennent à ma rencontre en bord de chemin. La neige ne faiblit pas que du contraire. Un degré en moins tous les kilomètres, à l’entrée de Luz-Ardiden, voilà les 0° atteints. Il reste un peu plus de deux bornes, mais tout va bien. J’arrive donc au sommet content après 14 km d’ascension dont 3,5 km sous la pluie et 5,5 km sous la neige. Je m’arrête à l’abri, mais vu les conditions, je décide de repartir immédiatement. Dès le début de la descente, voici que le froid se fait ressentir. Toujours zéro degré, mais en descente, le vent et l’humidité des gants se font fort ressentir. Je suis très prudent. Je roule entre 13 et 19 km/h, car la pente est forte et le sol très mouillé. Par endroit, il y a même une fine couche de neige sur la route, mais à cette vitesse, cela ne glisse pas. Après 2,5 km, première pause : il faut réchauffer les doigts. Après une petite minute, je repars. Au quatrième kilomètre de la descente, je me demande à quel point j’ai été aveuglé par mon envie de monter, il faut pouvoir descendre et j’ai mal aux mains de froid. Je croise à nouveau mes moutons aussi frigorifiés que moi. Je décide de m’arrêter après 5 km pour réchauffer mes doigts. À cet instant, mes mains sont très douloureuses. Pourtant, je peux utiliser les freins sans problème. Les freins arrières changés par Pilou avant mon départ sont très efficaces et je ne dépasse jamais les 21 km/h. Mais voilà, quand je m’arrête, c’est horrible. Mes doigts semblent gonflés à outrance et ils vibrent littéralement dans mes gants. Je les retire à moitié pour que les chaufferettes réchauffent aussi le bout des doigts, c’est horrible. Toujours zéro degré. Je prends mon gsm tant que je peux encore m’en servir. Je téléphone à Bri : « Je ne suis pas tombé, rassure-toi, mais il faut que tu viennes me chercher. » Curieusement, en enlevant mon gant gauche pour téléphoner, ma main gauche en est soulagée. Je me rends compte qu’ici, Brigitte ne saura pas faire demi-tour, je remonte sur ma selle et repars,… un peu. Là où la neige avait commencé à tomber à la montée, elle s’arrête. Du coup, le froid sur les mains très exposées devient supportable, un peu. Je poursuis, puis, m’arrête pour retéléphoner à Brigitte. Je lui demande de s’arrêter là où elle est, nous aviserons quand je la croiserai. Elle est à 5 km de l’hôtel. De temps à autre, de la neige tombe de mon casque comme elle tomberait d'un toit, impressionnant. Plus de neige, plus de pluie, j’ai toujours bien froid, mais je ne souffre plus des mains. Je la croise et lui lance que je continue. Il est clair que le vélo aurait en plus salopé la voiture… La pente finale moins sévère peut se rouler à 20 à l’heure sans danger. Jamais, je n’aurai pris le moindre risque. La route bien mouillée n’a jamais glissé sous mes pneus. Les derniers hectomètres se font en montée et montrent qu’il me restait beaucoup de ressources… dans les jambes. Mais à Esquières-Sère, je mets la flèche à droite et rentre me réchauffer dans un bon bain à l’hôtel. Quelques chiffres: 29,81 km – 10,2 km/h – fc moy.: 142 – dén.: 1.059 m – 12 à 0°C. .
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|  | | Christophe Interamicale Sonégienne


Age: 43 Nombre de messages: 644 Localisation: Chapelle-à-Wattines Vélo: Dusausoit jaune
 | Sujet: Re: De retour dans les Hautes-Pyrénées Ven 6 Nov 2009 - 10:02 | |
| Un véritable GUERRIER LE PM !!! Souviens-toi de nos premières sorties, l'hiver 2007, avec mes godasses trois pointures trop grandes, sans surchaussures... Je rentrais sans pouvoir mettre les pieds dans l'eau du bain... Tellement j'avais eu froid durant la sortie. Ce sont ces moments qui nous endurcissent pour la suite. Très content que tu aies pu sortir... Je m'en doutais !!! |
|  | | | | De retour dans les Hautes-Pyrénées | |
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